Suite des aventures des trois garçons de la Locomotive de la Liberté…
Un bateau est prêt à les embarquer, le temps des adieux est venu…

Raphael, Nicola et Benjamin organisent une soirée documentaire sur le thème de la nourriture avec les squatteurs de la Tomatera. Ensemble ils cuisinent des petits apéritifs, une soupe et des compotes grâce à la nourriture recyclée la veille et ils invitent toute la ville à partager quelques instants dans le taller où sera projeté We feed the world (nous nourrissons le monde). Au total, une trentaine de personnes assistent à l’évènement, tous enthousiasmé par l’initiative. Ils profitent ensuite de leur liberté retrouvée pour visiter un peu les alentours dans l’une des nombreuses « ravines » qui partent du centre de l’île pour rejoindre la mer.
La ravine de Santa-Lucia est exceptionnel, contrastant avec les montagnes arides qui l’entourent, elle offre une végétation luxuriante et permet aux plus aventureux d’habiter les grottes nombreuses. José s’y est installé par exemple il y a une trentaine d’année pour construire un lotissement perché dans les arbres et y organiser des séjours de yoga… Le tout avec énergie solaire.
Deux Italiens se sont aussi installés pour construire une maison écologique avec pompes hydrauliques, panneaux solaires, construction en bambous, permaculture et biogaz fait à partir d’excréments… Un exemple d’auto-suffisance pour inspirer les amoureux de la nature et de l’harmonie.
Le grand jour approche. La Locomotive en rêvait depuis des mois… Ils s’apprêtent à voguer sur la réalité, à s’échapper une bonne fois pour toute des rivages européens pour s’aventurer dans les eaux profondes de l’Atlantique. Ils partent le 10 mai, après qu’il aient été forcés de se laver correctement et de mettre de l’ordre dans leurs affaires. Il font escale au sud de l’île de Gran Canarias pour attendre les vents… puis… Le lendemain à l’aurore, le Fetse s’élance avec un vent léger en poupe. Les sensations éprouvées à ce moment sont indescriptibles. Raphael, Nicola et Benjamin partent pour le grand bleu, sans peurs ni doutes, mettant toute leur confiance dans les planches du Fetse qui vogue sur une route imaginaire, éphémère qui se referme aussitôt après son passage… Une route qui les emmène tout droit jusqu’au Cap Vert.
Le Cap Vert est l’escale obligatoire pour tout bateau qui souhaite joindre le Brésil, un endroit idéal pour faire le plein de vivres, d’eau et de gazole.

L’archipel est splendide, composé d’une dizaine d’îles aux paysages très divers, allant du désert de sel à la jungle tropicale en passant par des plages au sable fin. L’histoire turbulente des ces îles situées sur la route des esclaves offre un métissage intéressant de cultures où se mélangent rythme africains, architecture coloniale et coutumes latines… L’équipage ne s’y arrête que trois jours puis repart aussitôt pour l’océan… La plénitude infinie de ses eaux, le mouvement perpétuel de ses vagues qui fait danser le Fetse jour et nuit, une valse incessante qui perturbe touts les concepts de stabilité. Là-bas, au milieu de l’océan, seul l’horizon reste immobile, point de repère pour l’homme perdu dans un océan toujours en mouvement. L’océan Atlantique est un véhicule d’émotions fortes et d’instants magiques: se laisser tirer par le voilier en plein mer, le corps nu, immergé sous l’eau, massé par les flots, la main ferme tenue à l’échelle; la cuisine créative, les gnocchis plus savoureux dans l’imaginaire que dans l’assiette, les crêpes volantes sans eau ni lait, les pâtes fraîches; les couchers de soleil toujours différents; les nuits sombres où le ciel dévoile une infinités d’étoiles… Tant de petits instants qui portent la Locomotive et les deux capitaines dans la joie et la bonne humeur jusqu’à Fernando de Noronha.





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