Le premier anniversaire de Shi-zen, c’était l’occasion de réunir une équipe surboostée et un public enthousiaste autour d’un verre, de mettre en avant la richesse de la mode éthique par un défilé superbe, d’écouter des musiciens déjantés…

Un discours, un discours, un discours…
Mais ça aurait été mal connaître la rédac’ chef que de croire qu’elle n’aurait pas glissé son petit mot sur la philosophie de Shi-zen et sa liberté de penser… Un joli discours percutant, que je vous copie ici, pour ceux qui auraient besoin d’une session de rattrapage. Attention, âmes perverties s’abstenir!

Les discours, c’est pas mon truc.
Mon truc, c’est le journalisme. Le vrai. Le journalisme total, comme diraient Pétère et Stévène, pour ceux qui les connaissent. Pour ceux qui ne les connaissent pas, je vous invite à visionner “le Grand Détournement: la classe Américaine”, un petit bijou de la génération Canal+.
Bref.
Quand j’évoque le “vrai journalisme”, je veux parler d’articles qui renseignent les lecteurs sur un sujet. Ça vous paraît évident, dit comme cela. Pourtant, quand on regarde ce qu’est devenue la presse en général, et la presse féminine en particulier, à de rares exceptions près évidemment, on pourrait en douter.
Quand on voit que l’on peut accoler deux termes aussi antinomiques que “publicité” et “reportage”, pour en faire un “publi-reportage” incongru et passe-partout, on a de quoi devenir méfiant sur ce que la presse nous sert en guise d’info.
Quand on remarque des pages de pub sur, au hasard, des voitures à essence, dans, au hasard, un article intitulé “les voitures passent au vert”, on est en droit de se demander quelle marge de manœuvre ont eu les journalistes dans leur enquête.
Quand on feuillette les pages “Beauté” d’un magazine féminin qui ne sont souvent qu’une liste d’articles courts rémunérés – voire pré-rédigés – par des marques, on a du mal à saisir où est le journalisme.
Et quand, systématiquement, les personnes interviewées pour un article ont un produit ou un bouquin à vendre, on se dit que la surconsommation est venue se glisser jusque dans l’information.
Je vous ai parlé du Grand Détournement, tout à l’heure? Incroyable mais vrai: Canal+ ne m’a pas payé pour cela, la chaîne n’est même pas au courant. Et personne ne m’a écrit mon discours. La liberté, je vous dis.
Eh oui. Au-delà du bonheur de partager une aventure collective, au-delà du plaisir de rencontrer chaque jour des gens investis dans ce qu’ils font, au-delà de la fierté de donner une dimension éthique et responsable à la presse féminine, le vrai pari de Shi-zen, c’est de montrer que le journalisme total peut encore exister de nos jours.
Nous ne sommes pas les seuls à faire ce pari. D’autres magazines ont donné le ton. Je pense à Causette ou à XXI, notamment. Aujourd’hui, Shi-zen fête ses un an, et confirme que ce n’est pas un rêve inaccessible que de croire à une presse alternative et indépendante. Il faut juste de la conviction. Beaucoup de conviction. Et un peu de boulot. (OK. Beaucoup. J’avoue.)
Si vous partagez cette conviction, la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez participer à cet élan, à ce mouvement. Vous pouvez devenir lecteur, distributeur, annonceur, ou pourquoi pas investisseur… On a fait les choses bien, on a installé un Point Presse à l’entrée de la Bellevilloise. Vous pourrez y découvrir tous les numéros du magazine, mais aussi vous abonner, récupérer un dossier de presse, vous inscrire en tant que point de vente, réserver une page de pub… enfin vous pourrez y faire tout ce que vous voulez, dans les limites de la loi, on est dans un pays libre, quand même. Par ailleurs, quand je vous dis qu’on a fait les choses bien, on a tous des badges ce soir, donc si vous avez envie d’échanger avec nous, vous n’aurez même pas peur de vous tromper de prénom.
Je ne saurai rendre ce maudit micro sans remercier très chaleureusement et très sincèrement chaque membre de la Shiz-team. Ils sont trop nombreux pour pouvoir les citer, mais sans eux, ma foi, personne ne saurait que Shi-zen veut dire “nature”, en japonais.
Bonne soirée et très bonne lecture
Shi-zen en quelques mots, par la Shiz-team
© Klaire Cassi, son homme, Nolwenn Roussier, et toute la Shiz-team
Et pour voir plus de photos (de notre talentueuse photographe Florence Jamart) du défilé, rendez-vous sur notre page Facebook






8 commentaires
una idea
Bravo pour cette vidéo qui est vraiment très réussie, qui permet de mettre des voix sur des visages et de ressentir l’état d’esprit Shi-zen.
Continuez comme ça !
christelle
Je ne me lasse pas de cette vidéo et de ma replonger dans cette énergie shizenique !
vivement les photos du défilé !
Bonne journée à tous !
christelle
Laëtitia
Voilà, c’est malin, j’ai des frissons partout, la larme à l’oeil et un sourire béat ! Le dernier shi-zen est arrivé dans ma boîte y a plus qu’à le dévorer ainsi que tous les suivants ! On fait quoi déjà pour les 10 ans de shi-zen ?!
Magali An
La question de l’engagement journalistique est très importante et c’est formidable d’en parler! Très beau discours que je suis bien triste d’avoir raté! Ça, la fête et le défilé! ce sera pour une prochaine fois. Bravo Shi-zen.
Juliette
pfffioulalalala j’en ai encore des frissons et l’émotion qui (re)monte.
ça vaut le coup de pas dormir cette petite merveille de mag
Emmanuelle
Je suis enthousiasmée par le discours, la vidéo… et toute la démarche de Shi-zen ! J’ai hâte de voir les photos du défilé ! Bravo, bravo, bravo et longue vie
Marion
Ah mais si finalement on me voit dans la vidéo! La maniaque qui remet en place les plis des robes et les cols de veste, c’est moi! <3 (et un bisou à Julia la modèle, qui est à Shanghai)
gaëlle
gooooooooooooooooood vibrations! Revoir tout ça file presqu’autant la pêche que de le vivre en vrai (enfin presque seulement, hein). Contente de relire le discours de Carol que je n’ai pas intégralement entendu jeudi soir, et qui vaut le détour.