Ma vie écolo en vrai – J’fais pas les soldes et j’ai même pas peur

  • posté le Mercredi 30 juin 2010 à 13h13
  • par Carol

Pour ceux qui n’auraient pas appris leur numéro du mois juin par cœur, voici une petite rediff’, en pleine actualité…

Je fais pas les soldes… et j’ai même pas mal

Lundi
Moi, les soldes, c’est comme les cadeaux de noël. Je m’en fous. Je trouve ça complètement artificiel, l’idée de s’offrir des cadeaux à un moment donné, parce qu’on a dit que c’était là maintenant tout de suite qu’il fallait célébrer et aimer tout le monde. Moi ce que j’aime, c’est l’impromptu, le chéri qui sonne à la porte et quand tu ouvres il a un grand sourire et ses mains derrière son dos cachent un joli paquet. Non franchement les soldes, c’est nul. Et puis en plus, je voudrais bien faire partie de cette bande de gens qui sont adeptes de la décroissance. C’est écolo, ça, c’est classe, ça oblige à avoir de l’imagination, on finit par faire une super cravate décadente avec un bout de rideau. Enfin voilà, les soldes, je m’en fous. Je m’en fous je m’en fous je m’en fous. Ça commence demain.

Mardi
Aujourd’hui j’avais un rendez-vous avec un client. Je suis passée dans une rue avec plein de boutiques et j’ai repéré une paire de chaussures pas mal. Mais quand je dis repéré, c’est vite fait, bien sûr. Hop, juste un petit coup d’œil, comme ça en passant. Non non non non, faudrait pas croire que. Mais bon, ce matin, j’étais dans mon dressing (oui, un dressing, pas la peine de relire c’est bien ce dont il s’agit, une petite pièce avec plein d’étagères et une penderie), et je me disais justement : « d’où sortent toutes ces paires de chaussures ? Pourquoi elles envahissent comme ça mon dressing ? Qui leur a donné l’adresse ? » Je ne me suis pas posée la question longtemps, en fait.

Mercredi
Ça me taquine un peu l’esprit, quand même. Hier soir, j’avais rendez-vous avec Monsieur. Après quelques hésitations j’avais opté pour ma petite robe noire avec un petit décolleté (bizarre comme on finit toujours par opter pour sa petite robe noire avec un petit décolleté quand on choisit une fringue pour sortir, même en ayant le mode d’emploi ça change rien… comme quoi, ça sert vraiment à pas grand-chose d’avoir des robes à fleurs dans son placard), et quand je me suis tournée vers mon envahissement de chaussures, je n’ai pas trouvé celles que je voulais,.. Celles que je veux, elles ne sont pas là, elles sont dans la rue avec plein de boutiques.

Jeudi
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon père. Je vous jure que c’est vrai (vous vous en foutez pas mal, pas vrai ?) Quand c’est l’anniversaire de mon père, au début je me dis : mais il s’en fout d’avoir un cadeau, ce qu’il veut, c’est un joli poème avec un dessin, avec ma signature et la date. Et puis je me souviens que ça, c’était il y a 15 ans. Non, 20 ans… Non… Bref. Après cette première réflexion inutile mais récurrente, je me dis : va à la Fnac, un bon bouquin, ça lui fera plaisir. Et puis après cette seconde réflexion, je culpabilise et je cherche un cadeau pour de vrai. Sauf qu’on est en juin, et que c’est les soldes. Je décide de faire un poème. Je vais pas me laisser avoir comme ça. Je veux être décroissante, moi.

Vendredi
De toute façon, quand on fait les soldes, on finit toujours par acheter un des seuls trucs qui n’est pas en soldes dans la boutique. On devrait presque ériger ça en loi. La loi Jokari, on appellerait ça. Vous savez comment c’est, le Jokari : hop on le balance, et hop hop il nous revient dans la face. Les soldes, c’est pareil. On se dit : hop, je vais faire des économies, et finalement hop hop, on dépense deux fois plus de fric que ce qu’on pensait au départ. Alors qu’en fait, on a besoin de rien, preuve en est l’envahissement dans la petite pièce avec des étagères. J’ai lu un truc sur un mec à New York qui avait décidé de ne plus rien consommer pendant un an. Chapeau. Bon, de mon côté de l’océan, je suis repassée par hasard dans la rue avec plein de boutiques, j’ai croisé par hasard la paire de chaussures qui n’est pas dans mon dressing, et je me suis prise une paire de claques psychologique proche de l’effet Jokari : ils ont fait une nouvelle démarque. Les salops.

Samedi
Je suis fébrile. Je cire mes chaussures pour décompresser, et je relis l’article sur le décroissant fou. J’admire son sang froid.
Dimanche
Je mange mon croissant, et je suis fière. Aujourd’hui, c’est dimanche, je peux être tranquille, les magasins sont fermés et je n’ai pas besoin de trouver de stratagème habile pour passer dans la rue avec plein de boutiques (même si vendredi c’était par hasard, promis). Mais ma tranquillité vacille quand je me rends compte que pendant les soldes les boutiques restent ouvertes le dimanche. Franchement, des fois c’est dur. Mais m’en fous, j’suis écolo.

    2 commentaires

    poulette sacrée

    j’adore ce post. c’est tout moi!
    bisou d’une nouvelle lectrice…

    Flo

    • posté le 14 juil. 2010 à 12h13

    Merci et bisous de toute la rédac’ ;)

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