Dans le numéro 4 de Shi-Zen, nous vous présentons Raphael, Nicola et Benjamin: la Locomotive de la Liberté ou trois garçons qui ont eu cette idée folle: aller de La Haye, où ils se sont connus pendant leurs études, à Mexico… Sans dépenser un sou.
Depuis l’interview réalisée pour notre numéro d’été, nos trois aventuriers ont accepté de nous envoyer des nouvelles de leur périple.
Première étape, Las Palmas, à la recherche d’un navire pour traverser l’Atlantique…
Le destin est capricieux et seule la patience porte ses fruits. Ce jour-là fut un jour comme un autre…En début d’après-midi elle se met en marche en direction du port de Las Palmas. Elle ratisse les boulangeries pour quelques bout de pain de la veille et explore les contenus des poubelles à la sortie des hyperdinos. A chaque fois c’est le jackpot, les supermarchés locaux jettent des quantités effrayantes de nourriture qui ne peuvent plus être mises en vente selon leurs règles.

Fruits et légumes légèrement abîmés ou trop moches pour être mis en rayon à côté des nouveaux arrivages, yaourts qui périment le jour même ou ceux d’après, pain dur ou humide de la veille, pâtisseries sur le point de périmer, en moyenne, c’est 50 kilos de nourriture comestible qui est jeté par chaque supermarchés par jour. Rien qu’à Las Palmas, il y a environs 40 supermarchés hyperdinos… Ce sont donc près de 2000 kilos de nourriture qui sont gaspillés quotidiennement.
Raphael, Nicola et Benjamin continuent leur promenade quotidienne, 30 minutes séparent le squat où ils dorment et le port. Arrivés sur les pontons, ils entament leur rituel consistant à faire un petit tour sur chaque ponton pour parler aux nouveaux arrivants, faire un arrêt furtif au Sailor’s Bar, le repère des marins puis une petite balade sur le pont principal où les plus grands voiliers font escale. Pendant presque un mois, les trois aventuriers ont respectés ce rituel, arrivant jusque là et s’arrêtant un instant pour contempler les voiliers. Ce jour-là, 27 avril 2010, n’était pas un jour comme les autres. Le rituel s’arrête net alors qu’ils découvrent un nouveau bateau, un magnifique voilier d’environs 13 mètres avec un drapeau italien… Tout s’est enchaîné très vite. Une rumeur courait sur le port que deux capitaines cherchaient un équipage, la nouvelle n’a pas fait le tour de leurs esprits que Nicola, Raphael et Benjamin étaient déjà dans les airs, courant, volant à la recherche de ces deux lueurs d’espoir. Ils déboulent au Sailor’s Bar. Deux hommes d’une quarantaine d’années sont assis à une table. Nicola n’hésite pas une seconde:
-“Siete Italiani?” demande-t-il avec un brin d’excitation dans la voix.
-“Si” répondent-t-ils, l’air amusé face à ces trois drôles qui les observent, essoufflés avec de grands yeux brillants.
-“Siete voi i proprietari del veliero appena arrivato? Partite per Capo Verde? Vi vá di andarci assieme?”.
-“Si”.
Un simple si, un simple oui, court, bref, honnête… Trop simple pour être vrai… Trop facile après un mois d’attente. Si, une simple note légère, qui soulage les cœurs et libère les rêves d’Amériques. Si, un simple hochement de tête et un sourire comme pour confirmer qu’une simple note peut délier les cordes de l’impossible. Si, comme une note magique qui débute la plus belle des mélodies de ce voyage: la traversée de l’océan Atlantique.
Marco et Francesco sont les deux capitaines au grand cœur qui se partagent le commandement du Fetse, véritable palace ambulant de 13,50m qui sillonne les mers depuis plus de 20 ans. Ils partent dans une dizaine de jours, juste le temps pour la locomotive de faire ses adieux à l’île.





2 commentaires
melodye
comme je n’ai pas encore recu le n° d’été, je vois cet article qui me dit qu’on va avoir droit à un beau périple de temps en temps sur ce blog! génial! je n ‘oserais pas faire ce qu’ils font mais cela me fait rêver quand on voit qu’on peut encore avoir de belles rencontres humaines…!
Sophie Capristi
il fallait oser !!
et c’est super bien raconté, ça fait rêver !