Dernier épisode brésilien de la Locomotive de la Liberté… L’Amazone…
Les voici tout deux sur l’Amazone, ce fleuve… Qui plus qu’un fleuve est un véritable monde à part entière, riche, mystérieux, barricadé derrière des remparts d’arbres touffus.

L’embarcation se faufile dans ce labyrinthe sur-réel où seules quelques personnes vivent sur les berges, se déplaçant en canoë et vivant en complète autarcie. De loin ils nous saluent, à nos côtés, des gens jettent des vieux vêtements emballés à l’eau pour eux. L’Amazone est immense… Mais reste fragile, les déchets y circulent librement et s’entassent sur les berges, les gens pensent que tout ce qui y rentre disparait et y jettent toutes leurs ordures, bouteilles, boites de conserve, pots de peintures, meubles en fer… Tout… La nature souffre ici, et l’on peut presque entendre ses gémissements.
L’arrivée dans l’Amapa dévoile un tout autre visage du Brésil témoignant encore une fois de la diversité de ce pays. Cette région est en bordure de la forêt Amazone, à peine 500 000 habitants et des hectares et des hectares de terres vierges. Séparés au Sud par l’Amazone et au Nord par le fleuve Oyapock, cet endroit vit un peu sur son propre rythme, les gens y sont plus accueillants, plus généreux… Plus tranquilles… Vivant sur un ton plus harmonieux.
On y perçoit aussi un peu plus de conscience écologique. Un sénateur a essayé d’instaurer des mesures pour préserver cette région magnifique mais il s’est fait politiquement « descendre » par les lobbyistes nationaux et internationaux. Résultat, une monoculture s’étend sur des centaines de kilomètres pour la production d’eucalyptus destinée aux entreprises de papier chinoises ou américaines. Les images sont impressionnantes, des kilomètres d’arbres bien alignés, rangés soigneusement et arrosés de pesticides. Au total, 40 millions d’arbres seront coupés chaque année et replantés pour être transportés chaque semaine sur d’énormes cargos en direction de l’Asie et du Nord de l’Amérique. Ces lignes artificielles font contrastes avec les grandes savanes vierges, les oasis luxuriants qui bordent les rivières nombreuses dans cette partie du Brésil et la forêt qui se distingue à l’horizon.

Bientôt, les deux aventuriers arrivent en bordure de l’Amazone qui les séparent de la frontière avec la Guyane. Ce n’est que la pointe de cet océan de biodiversité mais le voyage s’annonce intense, 200 kilomètres sur une route en terre rouge, humide entre deux hauts murs épais et mystérieux de verdure, à l’arrière d’un pick-up, position idéale. Six heures de route durant lesquelles Raphael et Benjamin peuvent à loisir contempler la nature dans toute sa splendeur… Quand vient la nuit, le spectacle s’anime, aucune pollution lumineuse, le ciel sombre éclaire nos rêves avec ses milliers d’étoiles et de la forêt s’échappe un concert harmonieux et envoûtant. Oiseaux, insectes, singes et autres merveilles de la nature s’expriment librement et nous berce jusqu’au rives de l’Oyapock, la frontière avec la Guyane.
Bilan Scientifique:
Période: 23 juin – 7 juillet
émissions de CO2: 252 kg + 1274 kg (non comptés car notre poids est insignifiant comparé aux 26 tonnes de cargaison)
Distance parcourue: 2757 (De Recife à la frontière avec la Guyane Française)
Nombre de véhicules: 22 dont 2 barges pour traverser les fleuves de l’Amazone et Oyapock
Pays traversés: 1 (Brésil)
Nombre de nuit à la belle toile: 1
Nuits sous un toit: 4 (dont 1 sur la barge)
Langues parlées: 3





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