Avec un léger différé, nous suivons toujours les pas des aventuriers de la Locomotive de la Liberté, arrivés cet été en Guyane.
La Guyane s’offre à nous avec sa forêt merveilleuse qui s’élève de part et d’autre de la route qui nous mène à Cayenne.

La pluie a cessé, violente, elle s’était abattue subitement sur nous. Peu à peu le concert de cris et de chants d’amour reprend depuis les profondeurs de la jungle. Une brume s’élève de la cime des arbres enveloppant nos regards d’un voile mystérieux. De l’autre côté de l’Atlantique, la Guyane est appelée “l’enfer vert”, nous comprenons très vite que seuls les ignorants l’appellent comme ça. La Guyane, c’est plus un paradis enchanteur doté d’une diversité unique, d’une faune et flore riche qui se déploie sur plus de 90% du territoire. Une certaine magie se dégage de derrière ces hauts murs de nature, une force attractive qui nous pousse à nous y aventurer faisant sauter nos taux d’adrénalines.
En marge de cette forêt intrigante s’est développée une petite société initiée il y a plus de deux cent ans par les colons français. Ils décimèrent les populations indigènes et importèrent esclaves d’Afrique pour construire leurs campements. C’était un pays difficile a maîtriser mais le sang d’esclave ne coûtait pas cher et les Français étaient trop attachés à leur petit bout d’Amerique et aux sols riches en or de la Guyane. Lorsque l’esclavage est aboli, l’État se trouve une nouvelle main d’œuvre avec les bagnards exportés de France où ils ne pourront jamais remettre les pieds. Ils prennent le relais des esclaves et construisent routes, édifices et chemins de fer. Vinrent ensuite les réfugiés Hmong de l’Asie du Sud-est durant la guerre d’Indochine.

Aujourd’hui, la population reflète cette histoire troublante, la majorité est “créole”, dénomination que les indépendantistes n’apprécie guère. D’après eux, ils sont Guyanais. Ces indépendantistes sont souvent critiqués… Travaillant eux-même majoritairement pour l’Etat. À leurs côtés, pas mal de “metros” travaillent dans les écoles et hôpitaux pour des durées courtes; les Hmongs s’occupent majoritairement de l’agriculture et contrôlent les marchés locaux. Depuis une trentaine d’années, de nouvelles vagues d’immigrations ont pénétré la Guyane, les Haïtiens, les Brésiliens qui s’infiltrent souvent illégalement pour pratiquer l’orpaillage ou aspirent simplement à une vie meilleure, les Latinos, les Saramacas, gens du fleuve qui fuyaient le régime hollandais et les Chinois qui ont récemment pris la tête de la plupart commerces alimentaires, des épiceries jusqu’au Super U! Ce melting pot est enrichi par les communautés indigènes qui vivent le long des fleuves et dans la forêt.
Notre arrive à Cayenne fut suivi d’un choc. Nous qui cherchions à s’éloigner le plus possible de l’Europe, nous y revoici plongé. La végétation luxuriante, le climat tropical et le sourire exotique de la population n’’y font rien, nous sommes bel et bien en Europe avec ses règles, ses fiscalisations, ses surfaces commerciales, son Euro. Un Euro qui attire et séduit toutes les populations alentours. Le dernier référendum pour une Guyane plus autonome a été rejeté par le peuple. En effet, la France joue ici une vraie partie de poker, bluffant à tour de bras et imposant sa main d’experte sur la table des décisions. Le RMI et autres aides sociales sont octroyées sans peine… L’administration tendrait même à distribuer ces aides plus facilement qu’en France pour amadouer les citoyens. La Guyane, docile, se retrouve apprivoisée devant ce maître malingre qui n’hésite pas à aveugler le peuple avec des belles promesses de salaires, belles voiture et produits en tout genre… Importés de France. D’un point de vue écologique, le bilan est désastreux.

La majorité des produits sont importés de France et mis en vente à des prix exagérés, l’industrie locale ne se développe pas, certains produits même, issus du Brésil, grand producteur, doivent être envoyés en France pour passer les tests d’hygiènes pour ensuite revenir sur le continent américain pour gonfler les rayons des supermarchés guyanais… Un coût écologique pour chaque produit insoutenable. Ces règles sont absurdes d’autant plus que d’un autre côté, d’autres règles dites européennes ne sont pas respectées, le recyclage n’est pas développé, aucun conteneur de tris… Des déchets dans les rues et les canaux qui fuient vers l’Océan. D’un point de vue social, là aussi, la situation est compliquée… Un manque d’identité évident dans un pays d’Amérique du Sud sous contrôle européen, pas d’unité, ségrégations et racisme… Tout ça pour un peu d’or, une station spatiale, un parc naturel, du bois… Et un orgueil français démesuré.





Un commentaire
bois au brésil » Shi-zen, le blog 自然 La loco de la Liberté – Guyane, épisode 7
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