Suite des aventures nicaraguayennes de Forward the Revolution…
Nous partons de l’île le cœur lourd, changé. Nous faisons du pouce directement jusqu’à Granada, une jolie ville coloniale situé au bord du lac. Là-bas, nous parcourons les rues sombres de la ville pour rejoindre Quiso, une LNU qui vit dans Huam, sorte de titi en plein milieu de la ville, cachée derrière une immense palissade de bambou dans un quartier populaire.

Le but étant de donner la chance aux gens de comprendre leur mode de vie, le lieu est ouvert aux écoles. C’est impressionnant, sur ce petit terrain d’à peine 60 mètres carrés, ils ont reconstitué la vie en pleine jungle, on se croirait dans un musée. Quiso y vit, tranquille, dans son monde où tout est naturel, pas de plastique, permaculture, recyclage, herbes comestibles… Elle nous parle un peu plus des LNU, cela fait presque 30 ans qu’ils se sont reconstitués, chacun peu choisir d’être LNU quand il le veut. En effet, dans leur propre langue, LNU ne veut rien dire d’autre qu’être humain! Cette communauté est décidément intéressante, ils sont très flexibles, ouverts contrairement à beaucoup. Leur culture est très complexe avec une organisation sociale très distincte de la nôtre, une harmonie entre les êtres plus complète. Nous invitons quiconque est intéressé à leur rendre visite!

Nous laissons Quiso dans son repère magique et nous repartons pour la réalité de notre monde. Nous luttons pour trouver quelques légumes dans la ville trop touristique… Les patrons ne sont pas là et il est difficile de recycler! Nous marchons jusqu’à la sortie de la ville et nous rencontrons un jeune policier en civil qui accepte de nous emmener en direction du Honduras… Nous ne nous arrêterons pas à Managua, après cette expérience forte nous ne nous sentons pas de passer par les grandes villes! Fernando est adorable et nous invite à dormir chez ses beaux-parents qui nous offrent à manger. Le lendemain, nous avons l’opportunité de l’accompagner alors qu’il emmène sa copine dans une maquila où elle travaille. Les maquila sont les entreprises qui fournissent les grandes marques en produisant les produits à bas prix. La zone où nous allons est une zone détaxée, Levis, Wranglers et d’autres marques en profitent pour installer leurs maquilas. Le gouvernement est content car c’est une opportunité pour donner des emplois à ses citoyens…

Malheureusement les conséquences réelles ne sont pas favorables aux Nicaraguayens. En effet, ils travaillent toute la journée dans des conditions très mauvaises, pas de législation propre, pas d’assurance. Les compagnies profitent du chômage élevé pour exploiter les travailleurs. Un bon marché pour Levis qui achètent ses jeans à 2,5 dollars pour ensuite les revendre à 60 dollars dans les boutiques. Nous voyons les milliers de travailleurs qui débarquent des autobus surchargés à 6 heures du matin… une ambiance triste, lourde, ils marchent touts comme des robots, sans penser, sans sourire, Le monde d’aujourd’hui est encore un monde d’esclavage, si nous continuons à consommer comme nous le faisons les habitants du tire monde ne trouverons jamais la paix et le temps de profiter pleinement de leurs vies. Le Capitalisme est un autre nom pour esclavage, un esclavage déguisé où les travailleurs, inconscients, se mettent volontairement les chaînes.
Le gouvernement supportent les maquilas utilisant l’excuse que ça permet de fournir des emplois aux citoyens. Daniel Ortega, se proclame comme un socialiste et si quelques unes de ses réformes sont en effet sociales, le reste ne nous semble que propagande. La société reste injuste avec des très riches qui contrôlent tout et la majorité qui vit dans la misère. Les conséquences écologiques sont claires, le choc est d’autant plus fort que nous nous étions habitués à la propreté relative du Costa Rica. Ici, les rues sont couvertes de déchets, les bords de routes aussi… Du plastique tout autour de nous qui attend patiemment de glisser vers l’océan à moins qu’il ne soit brûlé avant. Alors que nous quittons la ville, je surprend un père jeter un sac poubelle plein de l’autre côté de la rue, dans un taillis là où on ne le voit pas. son fils lui tient la main. Un bien triste exemple qui confirme que l’éducation prime avant tout. Fernando nous laisse après nous avoir offert quelques fruits. Les filles se mettent sur le bord de la route et sans peine nous repartons vite en direction du Honduras.

Tout au long de notre voyage, nous constatons les dégâts du changement climatique. Il n’a jamais autant plu que cette année, les champs sont inondés, comme cette culture de cocotier presque complètement immergée. Le pays est secoué par une crise alimentaire qui concerne les frivoles et le riz… Trop de pluie, 80% des récoltes ont été noyées.
Nous passons une dernière nuit avec les pompiers, toujours aussi aimable et nous profitons de la gentillesse des habitants du Nicaragua qui sont tous adorables. Un petit vieux nous invite à cueillir un peu de sa canne à sucre, l’ambiance est paisible dans ce petit village, les touristes ne vont pas jusque-là normalement. Notre expérience au Nicaragua fut courte mais nous nous promettons de revenir un jour.




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