Nous avions laissé nos voyageurs de Forward the revolution au bord d’une route en Colombie, où ils ont du mal à arrêter une voiture pour continuer leur aventure…

En Colombie, la situation est plutôt tendue. Petit point subjectif et incomplet: Juan Manuel Santos, un président élu de droite a pris les rennes du pouvoir après Àlvaro Uribe, l’ancien président qui était resté au pouvoir durant 8 ans pendant lesquels il a fait de grandes avancées contre la guerrilla. Uribe et Santos sont effectivement très impliqués dans la lutte contre la guerrilla et les cartels de drogues…
Cependant, nous rencontrons un jeune étudiant engagé qui nous conte une histoire quelque peu différente. Le gouvernement avait créé les groupes paramilitaires, sorte de mercenaires qui se sont déployés dans la jungle. Aujourd’hui, le nombre de guerrilleros a fortement diminué, de 50 000 à 8 000 personnes selon certaines sources. Ceci est peut-être vrai, cependant, nous apprenons aussi que les groupes paramilitaires n’ont fait que les remplacer. Ce sont eux aujourd’hui qui, au coté des riches terratenientes s’occupent de protéger les commerces de cocaïne.
La situation est donc devenue encore plus compliquée avec un duel à trois entre la police, la guerrilla et les paramilitaires… Et tous luttent pour une seule et même chose: l’argent…
L’argent qui vient principalement des États-Unis et d’Europe, l’argent des consommateurs qui oublient parfois que la poudre blanche dont 80% vient de Colombie est souvent teintée de sang…
L’actuel président aurait aussi été impliqué dans plusieurs scandales… Pour s’assurer que la police fasse bien son boulot, lorsqu’il était alors ministre de la défense, il a mis en place une prime qui récompenserait les agents selon le nombre de guerrilleros tués. Le résultat fut 25 000 morts, dont des innocents, sans-abris ou paysans abandonnés en plein champagne qui furent fusillés puis habillés comme des combattants pour les compter comme des guerrilleros. L’histoire a fait beaucoup de bruit… Mais la famille Santos contrôle environ 30% des médias et il fut élu président quelques mois plus tard. Le gouvernement présente ses failles.

En Colombie, tout le monde critique le fou d’à coté, Chavez et sa fausse révolution… Pourtant un coup d’oeil rapide nous montre que si l’économie est certes en meilleur état, l’inégalité croit à un rythme effrayant. Cartagena est un bon exemple, la vielle ville, la partie coloniale est très jolie, bien conservée avec des boutiques de première classe et des restaurants de luxe… De l’autre coté des murailles, 70% de la population vit dans des conditions d’extrème pauvreté. Une économie à deux vitesse qui mine le pays tout entier et creuse chaque jour un fossé plus grand entre les plus riches et les plus pauvres…
Nous arrivons finalement à Barranquilla avec un bus grâce à la police qui l’a arrêté pour nous. Nous attendions depuis plusieurs heures sans résultat. Nous découvrons un monde de drogues et prostitutions dans la banlieue…personne ne veut nous héberger et nous errons désespérés jusqu’à ce qu’un type un peu fou s’approche de nous et nous invite à dormir chez lui… Il est étrange et semble honnête malgré ses yeux rouges… Il nous emmène dans son humble maison et au lendemain partage son petit-déjeuner avec nous. C’est parfois dans les endroits les plus obscurs que l’on trouve les lumières les plus brillantes. Après cette étrange rencontre nous longeons la route pleine de déchets jusqu’au prochain contrôle de police. Ils nous arrangent un taxi qui nous dépose au milieu de nulle part. Nous patientons plusieurs heures sous un soleil de plomb jusqu’à ce qu’un mini van de la police s’arrête et nous dépose au prochain village. Là, la police de nouveau nous aide pour que nous puissions monter dans un bus pour arriver à Santa Marta… C’est la première fois que nous rencontrons autant de difficultés pour voyager!



