
La gestion financière en 2024 ne se résume pas à suivre un budget ou automatiser quelques virements. Deux réglementations européennes, DORA et l’AI Act, redessinent les obligations des entreprises en matière de risque informatique et d’usage de l’intelligence artificielle. La Banque de France signale un décalage grandissant entre la solidité apparente des bilans et la capacité réelle de remboursement des PME.
Coût de la dette des PME et ETI : des trajectoires qui divergent
La Banque de France observe qu’en 2025, les fondamentaux des PME et ETI restaient robustes, avec des niveaux de trésorerie et d’endettement jugés bien maîtrisés. L’activité a progressé lentement, et la capacité de remboursement s’est détériorée.
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Le point notable concerne le coût apparent de la dette, qui n’évolue pas de la même façon selon la taille. Pour les PME, ce coût a encore légèrement augmenté en moyenne en 2025. Pour les ETI, il a nettement baissé sur la même période.
| Indicateur | PME (2025) | ETI (2025) |
|---|---|---|
| Coût apparent de la dette | Légère hausse | Baisse nette |
| Capacité de remboursement | Détériorée | Détériorée |
| Niveau de trésorerie | Maîtrisé | Maîtrisé |
Ce tableau illustre un paradoxe : une trésorerie correcte ne protège pas d’un renchérissement du financement. Les PME subissent davantage la remontée des taux parce que leurs conditions d’emprunt se renégocient moins favorablement que celles des structures plus grandes. Pour piloter sa gestion financière en 2024 et au-delà, surveiller le coût réel du crédit importe autant que le solde de trésorerie.
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Les analyses publiées sur le site MoneyWeek France détaillent régulièrement ces dynamiques de financement et leurs conséquences sur les décisions d’investissement des entreprises françaises.

DORA et risque informatique : ce que la réglementation impose depuis janvier 2025
Le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act) est entré en application le 17 janvier 2025. Il concerne toutes les entités financières européennes, pas seulement les banques.
Quatre obligations structurent cette réglementation :
- Renforcer la gestion du risque informatique avec des procédures documentées et testées régulièrement
- Mettre en place une journalisation systématique des incidents, avec des délais de notification aux autorités
- Réaliser des tests de résilience opérationnelle numérique, y compris des tests de pénétration avancés
- Superviser les prestataires tiers critiques (hébergeurs cloud, éditeurs de logiciels financiers, fournisseurs de données)
Pour une PME qui gère sa comptabilité via un logiciel SaaS et stocke ses données financières dans le cloud, DORA impose de vérifier la résilience de chaque maillon de la chaîne. La conformité ne se limite pas à un audit annuel : elle exige une surveillance continue des flux de données et des outils financiers utilisés au quotidien.
Impact concret sur les outils de gestion financière
Les entreprises qui utilisent des outils d’automatisation pour leur trésorerie ou leurs dépenses doivent désormais s’assurer que chaque prestataire respecte les exigences de DORA. Un outil de gestion budgétaire performant mais hébergé chez un prestataire non conforme expose l’entreprise à un risque réglementaire direct.
Cette contrainte pousse à centraliser les flux financiers sur des plateformes dont la résilience opérationnelle est vérifiable, plutôt que de multiplier les solutions déconnectées.
AI Act et décisions financières : le scoring crédit sous surveillance
L’AI Act européen est entré en vigueur pour le secteur bancaire en 2026. Ses dispositions classent certains usages de l’intelligence artificielle en finance comme systèmes à haut risque, notamment le scoring crédit et la tarification automatisée.
Pour les entreprises, cela signifie deux choses. D’abord, les modèles d’IA utilisés pour évaluer la solvabilité ou fixer les conditions de prêt devront être explicables et auditables. Ensuite, les données d’entraînement de ces modèles devront respecter des critères de qualité et de non-discrimination documentés.
Ce que cela change pour optimiser sa gestion financière
Une entreprise qui cherche un financement en 2024-2025 fait face à des algorithmes de scoring de plus en plus sophistiqués. Avec l’AI Act, elle pourra exiger une explication des critères ayant conduit à un refus ou à un surcoût. Cette transparence modifie le rapport de force entre emprunteur et prêteur.
Du côté des entreprises qui déploient elles-mêmes de l’IA pour piloter leur performance financière (prévision de trésorerie, détection de fraude, analyse des risques), la mise en conformité avec l’AI Act représente un coût supplémentaire. En revanche, elle impose une rigueur dans la gouvernance des données qui améliore mécaniquement la qualité des décisions financières.

Piloter sa trésorerie en 2024 : les données plutôt que les habitudes
Les contenus concurrents sur la gestion financière en 2024 recommandent de classer ses dépenses, de se constituer une épargne de précaution ou de fermer ses comptes inutilisés. Ces conseils restent valables, mais ils ne tiennent pas compte du contexte réglementaire et macroéconomique décrit plus haut.
Trois axes méritent une attention particulière pour les entreprises comme pour les indépendants :
- Vérifier le coût réel de chaque ligne de crédit en cours, en distinguant taux nominal et coût apparent de la dette, qui intègre les frais annexes
- Cartographier ses prestataires technologiques financiers pour anticiper les exigences de DORA, même si l’entreprise n’est pas directement une entité financière régulée
- Documenter les processus de décision impliquant de l’IA ou de l’automatisation, pour préparer d’éventuelles demandes de conformité liées à l’AI Act
Le pilotage financier efficace repose désormais sur la traçabilité des données et des décisions, pas seulement sur le suivi des flux entrants et sortants. Les outils de comptabilité et de budget qui n’intègrent pas cette dimension risquent de devenir insuffisants face aux nouvelles obligations.
La divergence entre PME et ETI sur le coût de la dette rappelle que la taille de l’entreprise conditionne fortement l’accès aux meilleures conditions de financement. Optimiser sa gestion financière en 2024 revient donc aussi à comprendre où se situe son entreprise dans cette asymétrie, et à adapter ses décisions de trésorerie en conséquence.