Tous les frais à prévoir lors de l’acquisition d’un bien immobilier en France

On signe un compromis à 280 000 euros, on pense avoir bouclé son budget, et le notaire envoie un appel de fonds qui dépasse le prix affiché de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ce décalage entre le prix de vente et le coût réel de l’acquisition piège chaque année des acheteurs qui n’ont pas cartographié tous les frais en amont.

Selon votre profil (primo-accédant ou non) et votre département, la facture finale varie significativement, notamment depuis la hausse des droits de mutation votée en 2025.

Hausse des DMTO 2025 et exception primo-accédant : le poste qui change tout

Depuis 2025, la plupart des départements ont relevé les droits de mutation à titre onéreux (DMTO). Concrètement, sur un achat dans l’ancien, ces droits représentent la part la plus lourde des frais de notaire. Le taux applicable dépend du département où se situe le bien, ce qui signifie qu’un même logement coûte plus ou moins cher à acquérir selon sa localisation géographique.

Les primo-accédants qui achètent leur résidence principale peuvent être exonérés de cette hausse. Cette exception crée un vrai écart de traitement : deux acheteurs face au même bien, dans le même département, ne paieront pas le même montant de droits. Si vous revendez un logement pour en racheter un autre, vous ne bénéficiez pas de ce dispositif.

Pour anticiper précisément l’impact de ces DMTO sur votre budget, on recommande de consulter les conseils immobiliers sur Capitaine Immo avant même de signer un compromis.

Femme discutant des frais d'achat immobilier avec un agent dans une agence moderne

Frais de notaire dans l’ancien et dans le neuf : comprendre la vraie répartition

On parle toujours de « frais de notaire », mais la rémunération du notaire ne représente qu’une fraction minoritaire de l’enveloppe. Le gros du montant part en taxes collectées pour l’État et les collectivités locales.

Ce que recouvrent réellement les frais d’acquisition

  • Les droits de mutation (DMTO et taxe de publicité foncière), qui constituent la majorité de la somme. Leur taux varie selon l’ancienneté du bien et le département.
  • Les émoluments du notaire, encadrés par un barème national par tranches, confirmé jusqu’en 2028. La marge de négociation sur ce poste est quasi nulle.
  • Les débours, c’est-à-dire les frais avancés par le notaire pour obtenir les documents administratifs (état hypothécaire, cadastre, pièces d’urbanisme).

Dans l’ancien, on arrive généralement à un total de 7 à 8 % du prix du bien. Dans le neuf ou en VEFA, ce taux tombe entre 2 et 3 %, car les droits de mutation sont remplacés par la TVA (déjà incluse dans le prix de vente).

Un réflexe utile : si la vente inclut du mobilier (cuisine équipée, meubles), on peut déduire sa valeur du prix servant de base au calcul des droits. Quelques milliers d’euros économisés, à condition de lister ce mobilier dans le compromis.

Garantie du prêt immobilier : le poste que personne ne budgète correctement

La banque qui accorde un crédit immobilier exige une garantie. Ce poste est souvent mentionné en passant dans les simulations, alors qu’il peut représenter un montant non négligeable.

Caution, hypothèque ou privilège de prêteur de deniers

Trois mécanismes existent, et leur coût diverge nettement. Le choix de la garantie impacte directement le budget global de l’acquisition.

  • La caution (type Crédit Logement) : pas d’acte notarié supplémentaire. Une partie de la somme versée peut être restituée en fin de prêt. C’est le mécanisme le moins coûteux dans la majorité des cas.
  • L’hypothèque conventionnelle : elle nécessite un acte notarié dédié, avec ses propres émoluments et taxes. En cas de revente avant la fin du crédit, il faudra aussi payer la mainlevée.
  • Le privilège de prêteur de deniers (désormais appelé hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers) : moins cher que l’hypothèque classique, mais limité aux biens existants, pas au neuf en VEFA.

Les retours varient sur ce point selon les banques et les régions, mais le surcoût d’une hypothèque par rapport à une caution peut atteindre plusieurs milliers d’euros sur un achat standard.

Couple évaluant les frais d'acquisition devant un immeuble haussmannien à Paris

Frais de dossier bancaire et assurance emprunteur : deux lignes à négocier

La banque facture des frais de dossier pour l’instruction du prêt. Ce montant se situe souvent entre quelques centaines et un millier d’euros. C’est l’un des rares postes où la négociation reste possible, surtout si vous apportez un bon dossier ou si vous faites jouer la concurrence entre établissements.

L’assurance emprunteur, en revanche, pèse sur toute la durée du crédit. Son coût total dépasse fréquemment celui des frais de notaire sur un prêt long. Depuis la loi Lemoine, on peut changer d’assurance à tout moment, ce qui permet de renégocier ce poste même après la signature.

Coût réel d’un achat immobilier : tableau récapitulatif par type de bien

Poste de frais Ancien Neuf / VEFA
Droits de mutation (DMTO) 7-8 % du prix Inclus dans la TVA (frais réduits à 2-3 %)
Émoluments du notaire Barème national par tranches Barème identique
Frais d’agence Variable (charge acquéreur ou vendeur) Généralement inclus
Garantie de prêt Caution ou hypothèque Caution ou hypothèque (pas de PPD en VEFA)
Frais de dossier bancaire Négociables Négociables
Assurance emprunteur Coût sur toute la durée du prêt Idem

Le budget total d’un achat dépasse le prix affiché de 10 à 15 % dans l’ancien. Dans le neuf, l’écart est moindre, mais la garantie et l’assurance restent à provisionner.

La taxe foncière, les éventuels travaux de copropriété votés avant la vente, ou encore le coût d’un déménagement viennent s’ajouter après la signature. On les oublie souvent dans le plan de financement initial, alors qu’ils mobilisent de la trésorerie dès les premières semaines. Mieux vaut intégrer une marge de sécurité dans son apport plutôt que de découvrir ces lignes après coup.

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